Compte rendu de la réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la BCE des 22 et 23 juillet 2026
Compte rendu de la réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui s’est tenue à Francfort-sur-le-Main le mercredi 22 et le jeudi 23 juillet 2026
Published on 27th of August 2026
1. Examen des évolutions financières, économiques et monétaires et des options possibles de politique monétaire
Évolutions sur les marchés financiers
Mme Schnabel a commencé sa présentation en faisant observer que depuis la réunion de politique monétaire du Conseil des gouverneurs des 10 et 11 juin 2026, les évolutions sur les marchés financiers ont continué d’être déterminées par le conflit en cours au Moyen-Orient et par les développements liés à l’intelligence artificielle (IA).
Les prix du pétrole sont restés très sensibles aux évolutions géopolitiques. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a temporairement augmenté mais demeure nettement inférieur aux normes historiques. Depuis la récente intensification du conflit, le trafic a de nouveau ralenti, soulignant la persistance de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement énergétique mondiales. Ces évolutions ont entraîné des fluctuations prononcées sur les marchés pétroliers. Les prix du Brent sont brièvement retournés aux niveaux d’avant la guerre à la suite de l’annonce d’un accord de paix provisoire. Malgré le rebond récent, les prix actuels demeurent bien au-dessous des pics enregistrés récemment, et inférieurs aux niveaux observés peu avant la réunion de politique monétaire des 10 et 11 juin. À l’inverse, les prix des contrats à plus long terme sur le pétrole sont restés élevés tout au long de la période de volatilité à court terme des prix du pétrole. Si la courbe des contrats à terme s’est déplacée vers le bas depuis juin 2026, elle reste bien au-dessus des niveaux d’avant la guerre sur l’ensemble de l’horizon, indiquant une hausse persistante des prix du pétrole, les risques demeurant orientés à la hausse.
Mme Schnabel a souligné le fait que les évolutions sur les marchés financiers se sont légèrement découplées de la volatilité à court terme des prix du pétrole. Lors de la forte baisse des prix du pétrole, le taux des swaps au jour le jour (OIS) à un an dans un an s’est ajusté plus modestement en raison de la réaction limitée de la compensation de l’inflation sur le même horizon. La compensation de l’inflation, et par conséquent les anticipations relatives aux taux d’intérêt, ont toutefois de nouveau rapidement augmenté à la suite du rebond des prix du pétrole, dépassant les niveaux atteints au moment de la réunion du Conseil des gouverneurs des 10 et 11 juin. L’une des raisons de ces évolutions est que les prix du pétrole n’ont pas été représentatifs des marchés plus larges de l’énergie au cours des dernières semaines. Les marges de craquage (crack spreads), c’est-à-dire la différence entre le prix de gros des produits pétroliers raffinés et le prix du pétrole brut, souvent utilisées pour estimer les marges de raffinage, se sont inscrites sur une forte tendance haussière ces dernières semaines, atteignant de nouveaux pics historiques. Les stocks tendus et les contraintes sur les capacités de raffinage dues à la destruction d’établissements de raffinage au Moyen-Orient et en Russie ont poussé les prix de l’essence et du diesel à la hausse. Les prix du gaz naturel sont également restés largement supérieurs à leurs niveaux d’avant la guerre, s’établissant à un niveau proche du pic atteint après le déclenchement de la guerre. Les risques qui entourent les futurs prix du gaz demeurent orientés à la hausse, ce qui est sans doute en partie lié à la faiblesse persistante des niveaux de stockage du gaz.
Dernièrement, les prix des produits alimentaires se sont également inscrits sur une tendance haussière. Si les prix des engrais ont complètement annulé le pic observé après le début de la guerre, les prix des matières premières alimentaires ont fortement augmenté depuis la réunion du Conseil des gouverneurs des 10 et 11 juin. Un des facteurs expliquant cette augmentation pourrait tenir aux risques relatifs aux conditions météorologiques, les dernières prévisions indiquant avec certitude l’arrivée des conditions El Niño dans les prochains mois. Les récentes vagues de chaleur en Europe devraient exercer une pression supplémentaire sur la production et les prix des produits alimentaires. Un autre facteur contribuant à la persistance d’anticipations plus élevées en matière d’inflation, et donc de taux d’intérêt, est l’amélioration des perspectives macroéconomiques au cours des dernières semaines. Pour la zone euro, les données économiques publiées se sont alignées avec les anticipations du marché, ou les ont même dépassées, ces derniers mois. La résilience du contexte macroéconomique est l’un des principaux facteurs renforçant le sentiment des investisseurs à l’égard du risque, soutenu par un optimisme persistant à l’égard de l’IA.
S’agissant des perspectives d’inflation extraites des instruments de marché, les fixings d’inflation (hors tabac) ont légèrement diminué à très court terme, mais sont restés globalement inchangés au-delà par rapport à leurs niveaux observés au moment de la réunion du Conseil des gouverneurs des 10 et 11 juin. À partir de mi-2027, toutefois, les fixings d’inflation ont augmenté et sont restés nettement au-dessus de 2 % à moyen terme, ce qui implique que la baisse des prix du pétrole n’a pas modéré la trajectoire attendue de l’inflation à moyen terme. Pour les deux prochaines années, la balance des risques est de nouveau orientée à la hausse, tandis que les anticipations d’inflation à long terme restent ancrées.
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Updated on the 27th of August 2026