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Prendre en compte le risque climatique

Le défi principal serait d’inclure les risques liés au changement climatique.
François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France

L’adoption de l’Accord de Paris en 2015 par les 195 pays présents à la Conférence de Paris (COP21) ainsi que l’Union européenne, concrétisant la nécessité de limiter le réchauffement climatique sous le seuil des 2 °C, a mobilisé l’ensemble des acteurs financiers pour une plus grande prise en compte du risque climatique pour les acteurs de la Finance.
Lors d’une conférence organisée fin novembre 2015 sur la finance et le climat, le gouverneur de la Banque de France a réaffirmé la nécessité pour les banques centrales et les superviseurs financiers de prendre en compte les risques liés au changement climatique.

La loi de transition énergétique d’août 2015 a créé des obligations nouvelles aux banques qui doivent prendre en compte le risque climatique dans leurs stress-tests et aux assureurs qui doivent publier des informations sur la prise en compte des objectifs sociaux et environnementaux dans leur politique d'investissement.

Sous l’égide du Financial Stability Board, une « Task Force on climate-related financial disclosure », composée d’acteurs de l’industrie, doit finaliser pour la fin 2016 ou début 2017 un rapport et des recommandations sur les informations financières qu’il convient de publier pour mener une analyse financière de ces risques.


Développement du marché des « Green bonds »

Les obligations vertes (« green bonds ») sont des titres de dette émis par une entreprise ou une entité publique destinés à financer des activités ou projets ayant un bénéfice environnemental. Le marché français des green bonds labélisés est particulièrement dynamique : il a représenté jusqu’à 11 % des montants émis en 2015 et une entreprise française détient le record de la plus grande émission de green bonds (Engie,  2,5 milliards d’euros en 2014).

Outre leur intérêt en termes d’image, les green bonds permettent aux émetteurs d’attirer des investisseurs de long-terme, de diversifier leur base d’investisseurs et de bénéficier d’une sursouscription quasi-systématique. Pour les investisseurs, les green bonds présentent l’intérêt de financer l’économie réelle ainsi que des secteurs qui ont moins de probabilité d’être affectés par le changement climatique. Néanmoins, ils ne sont pas dénués de risque (disruption technologique en matière d’énergies renouvelables, concurrence des énergies fossiles), notamment en l’absence de prix du carbone incitatif et ils ne font pas l’objet d’un prix avantageux pour les émetteurs.

Différentes initiatives tendent à valoriser ce marché et à limiter sa fragmentation, à l’image de l’Union des marchés de capitaux initiée par la Commission européenne ou du Green Finance Study Group du G20 auquel participe la Banque de France.

Mis à jour le : 25/11/2016 13:37