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Brève histoire des billets de la Banque de France

Le billet de banque1 qui est apparu en Europe au XVIIIème siècle a constitué une innovation financière majeure. Il permettait de payer d’importants montants en toute confiance sans avoir à transporter de lourdes et encombrantes quantité de pièces en argent ou en or. Il était émis, c'est-à-dire mis en circulation, par une banque qui s’engageait à rembourser sur le champ son possesseur en pièces d’or ou d’argent. C’est pourquoi, il était écrit : « payable à vue, au porteur et en espèces ». Comme il était destiné principalement aux paiements du commerce et de l’industrie, ses montants étaient élevés : 500 F ou 1 000 F pour les premiers billets de la Banque de France en 1800. Un billet de 500 F correspondait à un sac de pièces en argent de 2,5 Kg (1 franc représentait 5 grammes d’argent à 900 millièmes).

Jusqu’à la première guerre mondiale, les billets de la Banque de France n’avaient pas cours légal2. C'est-à-dire qu’on pouvait les refuser en paiement et exiger des pièces d’or ou d’argent qui seules avaient cours légal. La généralisation de l’usage du billet dans la vie quotidienne et l’impression de petites coupures (5 F et 20 F) destinées à remplacer les pièces de 5 F en argent (« l’écu ») et de 20 F en or (« le napoléon ») date essentiellement de la première guerre mondiale.

Une démocratisation progressive de l'usage du billet

Les premiers billets avaient des montants élevés. Progressivement, de nouveaux billets de valeur plus faible ont été mis en circulation. Les billets de 200 F, et 100 F furent imprimes au milieu du XIXème siècle et ceux de 50 F vers les années 1870. Les billets de 20 F, 10F et 5F datent principalement du début du XXème siècle. La valeur des billets a suivi les besoins du public et s’est adaptée au niveau des prix.

Une innovation technologique constante

La préoccupation majeure de la Banque de France a toujours été de  Les trois composantes du billet : le papier, l’impression et les autres éléments de sécurité ont fait l’objet de constantes innovations au fil du temps.

Le papier : les premiers billets étaient imprimés sur du papier spécial avec un filigrane. Le filigrane est un dessin ou une inscription qui apparaît dans le papier lorsqu’on le regarde par transparence. Il est réalisé dans l’épaisseur même du papier lors de sa fabrication. Le dessin en trois dimensions est reproduit dans le fond de la cuve de la pâte à papier. La pâte humide se déposant dans la forme reproduit le motif et le conserve en séchant. Ce signe de sécurité toujours utilisé dans les billets en euros était utilisé dès les premiers billets de la Banque de France en 1800. Il consistait en un texte. En 1862, les textes sont remplacés par une effigie humaine. En 1990, un nouveau signe de sécurité, le « fil » fut introduit dans les billets (20 F Debussy).

  1. L’impression : au début les billets de la Banque de France étaient imprimés à l’encre noire. La couleur fut changée bleu, à partir de 1862, pour tenir compte de l’invention de la  photographie. Le nombre de couleur a augmenté progressivement pour aboutir aux billets en couleur au début du XXème siècle 100 F 1906. Les techniques d’impression sont devenues plus sophistiquées. A côté de l’impression traditionnelle (typographie), la taille-douce3 a été introduite en 1934 et l’offset dans les années 1970.
     
  2. Les autres techniques de sécurité : les premiers billets de la Banque de France n’étaient imprimés que sur une seule face. En 1831, ils furent imprimés recto-verso avec une superposition parfaite, ce qui constituait un obstacle supplémentaire contre les faussaires. Progressivement de nouveaux signes de sécurité furent introduits comme la bande réfléchissante et les encres à couleur variable.

Des choix iconographiques en écho avec leur temps

Les billets du XIXème siècle reprennent surtout des thèmes mythologiques, ou des allégories liées au commerce, ou bien en rapport avec le monde des finances.

100 F 1862 detail

1000 F 1862

Avec la  première guerre  mondiale,  des personnages de l’histoire de France apparaissent : Bayard, Sully. Les métiers traditionnels sont aussi représentés

A partir de 1953 le portrait représente le thème exclusif des billets, chacun mettant en avant une personnalité ayant marqué l’histoire.

5 F 1966 Pasteur et ses instruments de recherche

  100 F 1978 Delacroix ses pinceaux et une oeuvre majeure

La Banque de France a toujours choisi des artistes en phase avec leur temps pour illustrer ses billets.

Chronologie des émissions et mises en circulation

[1] A l’époque, une distinction était établie entre le billet de banque et la monnaie-papier (« fiat money ») dont la valeur était imposée par la loi et qui n’était pas remboursable contre espèces. Les assignats font partie de cette seconde catégorie.

[2] Sauf pendant les périodes de crises (révolution de 1848, guerre de 1870) lorsque la convertibilité en or et argent était suspendue.

[3] La taille douce est une technique de gravure sur une plaque de métal. Cette plaque est encrée, essuyée et pressée fortement sur le papier. L’encre dans les creux de la plaque se dépose sur le billet et forme un relief perceptible au doigt.

Mis à jour le : 24/11/2016 15:16