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Appel à contributions

La crédibilité est au fondement des trois fonctions classiques de la monnaie. Nul mieux qu’Hawtrey, précipité de la pensée monétaire britannique de l’entre-deux-guerres, ne l’exprime : « Money is one of those concepts which, like a teaspoon or an umbrella, but unlike an earthquake or a buttercup, are definable primarily by the use or purpose which they serve […] : to choose one standard commodity to be offered by every  buyer and accepted by every seller » (Currency and Credit, 1930). Parfaite définition de la crédibilité.

Explorer l’histoire de la crédibilité des monnaies, du XVIIIe siècle à nos jours, c’est (re) poser trois questions qui sous-tendent et finalement synthétisent la plupart des approches de la monnaie, du crédit et des banques :

  • la crédibilité monétaire, bien public collectif, trouve-t-elle son origine dans l’État ou dans le marché ? Qu’est ce qui fonde, en dernier ressort, le pouvoir libératoire d’une monnaie : la puissance militaire et financière d’un État souverain, capable de tenir ses finances et ses frontières ? Ou l’efficience et la stabilité du marché, à même de garantir la liquidité et la profitabilité de toutes les formes de monnaie ?
  • Comment créer, maintenir ou rétablir la crédibilité d’une monnaie ? C’est la question principale de toute politique monétaire : ni trop, ni trop peu de monnaie en circulation. Quel rôle revient à la banque centrale dans la gestion de la crédibilité de la monnaie ? L’indépendance de la banque centrale est-elle la condition sine qua non de la crédibilité monétaire ? Quelle place tient l’émission fiduciaire et ses corollaires, comme la lutte contre la fausse monnaie, dans le crédit d’une monnaie ? La banque centrale peut-elle tout ? Quel rôle joue le système bancaire, et, au-delà, le système financier dans son ensemble ?
  • Que devient la crédibilité d’une monnaie à l’échelle internationale ? Pourquoi certaines monnaies voient leur pouvoir libératoire s’exercer au-delà des frontières de l’État  émetteur ? Comment expliquer le rôle singulier de l’or ? Comment naissent les crypto-monnaies, dont le bitcoin est aujourd’hui le plus connue ? Surtout, quelles institutions peuvent tenter de gérer la crédibilité globale d’une ou plusieurs monnaies et de réguler les rapports entre toutes les monnaies à la crédibilité très  variable ?

Les propositions de contribution s’efforceront de prendre en compte certains aspects de ce questionnement, sur la base de la bibliographie existante et de sources historiques originales, en particulier d’archives primaires et/ou publiées.

Modalités pratiques de l’appel à contributions :

Langues de travail : français et anglais

Les projets de communications (titre de la contribution, présentation d’une quinzaine de lignes, comportant la mention des sources envisagées et un court CV) doivent être envoyés avant le 15 mars 2019 à 1069-HISTORIQUE-UT@banque-france.fr

Le résultat de l’évaluation des propositions de contribution par le comité scientifique du colloque sera connu le 15 avril 2019.

Ce comité est composé de : Patrice Baubeau (université de Paris 10), Anne Conchon (université de Paris 1), François de Coustin (Banque de France), Ghislain Deleplace (université de Paris 8), Olivier Feiertag (université de Rouen), Arnaud Manas (Banque de France), Michel Margairaz (université de Paris 1), Laure Quenouëlle (EPHE) et André Straus (CNRS).

Les contributeurs retenus s’engagent à fournir avant le 15 septembre 2019 le texte de leur intervention d’un volume d’environ 40 000 signes espaces compris, en français ou en anglais.

La Mission historique de la Banque de France prendra en charge le financement des déplacements à Paris pour le colloque et l’hébergement des contributeurs pendant la durée du colloque.

Mis à jour le : 23/01/2019 16:49