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Célébration des 10 ans de Toulouse School of Economics

 

Célébration des 10 ans de Toulouse School of Economics,
Paris, mercredi 11 octobre 2017


Introduction de François Villeroy de Galhau,

Gouverneur de la Banque de France

 

Je suis très heureux de vous accueillir ce soir pour célébrer les dix ans de Toulouse School of Economics. Le lieu est particulièrement bien choisi : le siège historique de la Banque de France, à quelques pas d’ici, se trouve en effet au cœur même de l’hôtel de… Toulouse, du nom de l’un de ses illustres anciens propriétaires, le comte de Toulouse, fils de Louis XIV et de Mme de Montespan. Mais ce lieu est bien choisi aussi car l’Eurosystème et la Banque de France accordent beaucoup d’importance à la recherche en économie. Elle est indispensable pour « comprendre le monde de demain » – comme les quatre chercheurs qui présenteront leur vision ce soir – mais aussi celui d’aujourd’hui. Tu l’avais résumé, cher Jean Tirole, lors de la conférence de presse que tu as tenue en 2014 à l’annonce du Nobel, avec ces mots : «  Keynes disait : les politiques utilisent des idées d’économistes dont ils ne connaissent même pas le nom et qui sont morts depuis longtemps. C’est un peu pessimiste mais j’y crois, c’est notre boulot ». Depuis la crise, les échanges entre décideurs de la politique économique et chercheurs se sont intensifiés, sur des questions aussi pointues et actuelles que, par exemple, les effets des instruments de politique monétaire non conventionnels utilisés par les banques centrales : la forward guidance, les taux négatifs qui sont parmi les plus innovants, et aujourd’hui parmi les plus utiles. La politique monétaire accommodante, ce n’est pas que le QE, et encore moins le seul chiffre de nos achats nets mensuels. Et donc aujourd’hui, nous pouvons dire que nous mettons à profit les idées de chercheurs dont on connaît le nom, et qui sont bien vivants !

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Mais revenons à ce qui nous rassemble spécialement ce soir : votre première décennie, une décennie de succès, où vous avez démontré votre originalité et votre capacité d’innovation. TSE est aujourd’hui un centre de recherche d’excellence en économie, reconnu tant en France qu’au niveau mondial, comme l’attestent les classements internationaux : vous êtes 11e au classement RePEc des départements d’économie en 2017, 17e au classement de Shanghai des universités en économie.

Le succès de TSE, c’est pour moi la démonstration que notre pays est capable de se réformer, y compris dans l’éducation et la recherche, qui sont des priorités absolues pour préparer l’avenir. Des universités d’excellence comme la vôtre sont indispensables au rayonnement de notre pays, mais elles créent aussi beaucoup d’externalités positives, pour l’innovation et pour la croissance de la France. Votre originalité, c’est d’être au sein de l’Université, de croire à l’économie à la fois comme une science exigeante et un sésame professionnel, d’être ouvert sur le monde – en anglais – tout en étant en dehors de Paris. Avoir réussi cela en 10 ans, c’est un exploit.

 

Vous êtes originaux et innovants, notre partenariat avec vous l’est aussi, et ce depuis longtemps. Au-delà des échanges de talents – nous avons recruté six doctorants et docteurs formés à TSE, et envoyé des économistes se former ou enseigner à TSE – nous avons un partenariat récurrent depuis 2008, notamment au travers de l’Institut d’Économie Industrielle (IDEI) et notre mécénat auprès de la fondation Jean-Jacques Laffont, dont nous avons doté le capital à hauteur de 6 millions d’euros. Nous venons d’ailleurs de renouveler notre convention triennale sur 2017-2019…

Ce partenariat nous permet d’organiser régulièrement des groupes de travail et des conférences de haut niveau, qui rassemblent des chercheurs du monde entier, comme celle du 20 octobre prochain à la Banque de France qui se penchera sur les caractéristiques d’un système financier résilient et facteur de croissance. Mais je veux également citer un autre résultat important et emblématique de notre collaboration : le Prix Banque de France-TSE en économie monétaire et finance, qui récompense régulièrement des chercheurs junior et senior. Et je dois dire que nous avions vu juste, puisque le premier lauréat sénior de ce Prix, le Finlandais Bengt Holmström, distingué en 2012, a ensuite reçu le Prix Nobel d’économie en 2016 ! En 2014, nous avons distingué le Japonais Nobuhiro Kiyotaki, qui connaîtra certainement le même destin, étant donné les contributions majeures qu’il a apportées dans le domaine de la modélisation des rigidités nominales, de la monnaie ou encore du cycle financier. Je vous donne dès à présent rendez-vous le 14 novembre prochain pour l’annonce du lauréat 2017.

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Sans plus tarder, je cède la parole à Jean Tirole, et vous souhaite une excellente soirée.

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DiscoursFrançois VILLEROY DE GALHAU, Gouverneur de la Banque de France
Célébration des 10 ans de Toulouse School of Economics
  • Publié le 12/10/2017
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