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Déclaration introductive
Mesdames et messieurs, je vous souhaite la bienvenue à notre conférence de presse. J’ai eu aujourd’hui pour la première fois le privilège et le plaisir de présider la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE. Je suis très heureux de poursuivre maintenant notre pratique bien établie de communication en temps réel et de vous faire part, avec le vice-président, des conclusions de notre réunion.
Au terme de son examen régulier de la situation économique et monétaire, le Conseil des gouverneurs a décidé de réduire les taux directeurs de la BCE de 25 points de base. Si l’inflation s’est maintenue à un niveau élevé et devrait demeurer supérieure à 2 % au cours des prochains mois, elle devrait diminuer de nouveau courant 2012, pour repasser sous la barre des 2 %. Dans le même temps, le rythme sous-jacent d’expansion de la masse monétaire reste modéré. Après la décision d’aujourd’hui, l’inflation devrait rester compatible avec la stabilité des prix à l’horizon pertinent pour la politique monétaire. En raison de leurs effets défavorables sur les conditions de financement et sur la confiance, les tensions persistantes sur les marchés financiers devraient freiner le rythme de la croissance économique dans la zone euro au second semestre de cette année et au-delà. L’incertitude entourant les perspectives économiques demeure particulièrement élevée et les risques à la baisse s’intensifient. Certains de ces risques se sont matérialisés, rendant très probable une forte révision à la baisse des prévisions et des projections relatives à la croissance moyenne du PIB en volume en 2012. Dans ce contexte, les tensions sur les prix, les coûts et les salaires dans la zone euro euro devraient également s’atténuer ; la décision d’aujourd’hui en tient compte. Au total, il demeure essentiel que la politique monétaire s’attache au maintien de la stabilité des prix à moyen terme, garantissant par là même un ancrage solide des anticipations d’inflation dans la zone euro à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. Cet ancrage est une condition indispensable pour que la politique monétaire contribue à la croissance économique et à la création d’emplois dans la zone euro.
La fourniture de liquidité et les modes d’adjudication des opérations de refinancement continueront de garantir que les banques de la zone euro ne subissent pas de contraintes de liquidité. L’ensemble des mesures non conventionnelles de politique monétaire adoptées au cours de la période de vives tensions sur les marchés financiers sont, par construction, de nature temporaire.
Permettez-moi à présent d’expliquer notre évaluation plus en détail, en commençant par l’analyse économique. Après avoir ralenti au deuxième trimestre 2011, revenant à 0,2 % en glissement trimestriel, la croissance du PIB en volume dans la zone euro devrait être très modérée au second semestre de cette année. Des éléments indiquent que les risques à la baisse qui avaient été identifiés précédemment se sont matérialisés, comme l’attestent les données défavorables tirées d’enquêtes. Pour la suite, un certain nombre de facteurs semblent freiner la dynamique de fond de la croissance dans la zone euro, notamment une modération du rythme de la demande mondiale et les effets défavorables, pour les conditions de financement globales et pour la confiance, qui résultent des tensions actuellement observées sur un certain nombre de marchés de la dette souveraine de la zone euro. Cependant, nous continuons d’estimer que l’activité économique au sein de la zone euro bénéficiera de la poursuite d’une croissance économique positive dans les économies de marché émergentes ainsi que du bas niveau des taux d’intérêt à court terme et des diverses mesures adoptées pour soutenir le fonctionnement du secteur financier.
Le Conseil des gouverneurs estime que les risques à la baisse pesant sur les perspectives économiques dans la zone euro se confirment, dans un contexte d’incertitude particulièrement élevée. Ces risques à la baisse sont liés notamment à la nouvelle intensification des tensions sur certains compartiments des marchés financiers dans la zone euro et au niveau mondial, ainsi qu’aux répercussions potentielles de ces tensions sur l’économie réelle de la zone euro. Ils ont également trait à l’incidence des prix toujours élevés de l’énergie, à des pressions protectionnistes ainsi qu’à la possibilité d’une correction désordonnée des déséquilibres mondiaux.
En ce qui concerne l’évolution des prix, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est établie à 3,0 % en octobre, selon l’estimation rapide d’Eurostat, sans changement par rapport à septembre. Les taux d’inflation se situent à des niveaux élevés depuis la fin de l’année dernière, principalement en raison du renchérissement de l’énergie et des autres matières premières. Ils devraient rester supérieurs à 2 % au cours des prochains mois, avant de revenir en deçà de 2 % en 2012. Les taux d’inflation devraient rester à un niveau compatible avec la stabilité des prix à l’horizon pertinent pour la politique monétaire. Ce scénario reflète les anticipations d’une modération des tensions sur les prix, les coûts et les salaires dans la zone euro, dans un contexte de ralentissement de la croissance à l’échelle mondiale et dans la zone euro.
Le Conseil des gouverneurs continue de considérer les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix à moyen terme comme globalement équilibrés, compte tenu également de la décision prise aujourd’hui. S’agissant des facteurs haussiers, les principaux risques ont trait à la possibilité d’augmentations de la fiscalité indirecte et des prix administrés, en raison de l’assainissement budgétaire auquel il faudra nécessairement procéder au cours des prochaines années. Dans le contexte actuel, toutefois, les tensions inflationnistes devraient s’atténuer. Les principaux risques à la baisse sont liés à l’incidence d’une croissance plus faible qu’escompté dans la zone euro et dans le monde. En fait, une croissance économique molle est susceptible, si elle perdure, de réduire les tensions inflationnistes à moyen terme dans la zone euro.
S’agissant de l’analyse monétaire, le rythme d’expansion annuel de M3 s’est établi à 3,1 % en septembre 2011, après 2,7 % en août. Le taux de croissance annuel des prêts au secteur privé, corrigé des cessions de prêts et de la titrisation, est ressorti à 2,7 % en septembre, sans changement par rapport à août. Tout comme en août, les entrées enregistrées par M3 reflètent également l’intensification des tensions sur certains marchés financiers. En particulier, les entrées observées sur les titres d’OPCVM monétaires, ainsi que sur les pensions réalisées par l’intermédiaire de contreparties centrales, semblent avoir eu une influence significative sur les évolutions monétaires en septembre. Le taux de croissance annuel de M1 est passé de 1,7 % en août à 2,0 % en septembre.
Du côté des contreparties, les taux de croissance annuels des prêts accordés aux sociétés non financières et aux ménages en septembre, corrigés des cessions de prêts et de la titrisation, sont demeurés pratiquement inchangés par rapport à août, à 2,2 % et 2,6% respectivement. Ces résultats n’indiquent pas que le renforcement des tensions sur les marchés financiers a affecté l’offre de crédit jusqu’en septembre. Toutefois, ces effets étant susceptibles de se manifester de manière décalée, un suivi très attentif des évolutions du crédit s’impose au cours de la période à venir. Considérées dans la perspective de moyen terme appropriée et abstraction faite de la volatilité à court terme, la croissance tendancielle de l’agrégat monétaire large comme celle du crédit se sont stabilisées au cours des derniers mois. Au total, le rythme d’expansion monétaire sous-jacent reste de ce fait modéré.
La taille globale des bilans des institutions financières monétaires est restée globalement inchangée au cours des derniers mois. La solidité des bilans des banques constituera un facteur essentiel pour réduire les éventuelles interactions négatives liées aux tensions sur les marchés financiers, facilitant ainsi un apport approprié de financements à l’économie au fil du temps. Nous accueillons donc favorablement l’accord du Conseil européen visant à poursuivre le renforcement des fonds propres durs des banques en portant leur ratio Tier 1 à 9 % d’ici la fin juin 2012. Nous soutenons également pleinement l’appel lancé aux autorités nationales de surveillance afin qu’elles s’assurent que les plans de recapitalisation des banques n’entraînent pas de réduction excessive de l’effet de levier.
En résumé, au terme de son examen régulier de la situation économique et monétaire, le Conseil des gouverneurs a décidé de réduire les taux directeurs de la BCE de 25 points de base. Si l’inflation s’est maintenue à un niveau élevé et devrait demeurer supérieure à 2 % au cours des prochains mois, elle devrait diminuer de nouveau courant 2012, pour repasser sous la barre des 2 %. Un recoupement avec les informations provenant de notre analyse monétaire confirme que le rythme sous-jacent d’expansion de la masse monétaire reste modéré. Après la décision d’aujourd’hui, l’inflation devrait rester compatible avec la stabilité des prix à l’horizon pertinent pour la politique monétaire. En raison de leurs effets défavorables sur les conditions de financement et sur la confiance, les tensions persistantes sur les marchés financiers devraient freiner le rythme de la croissance économique dans la zone euro au second semestre de cette année et au-delà. L’incertitude entourant les perspectives économiques demeure particulièrement élevée et les risques à la baisse s’intensifient. Certains de ces risques se sont matérialisés, rendant très probable une forte révision à la baisse des prévisions et des projections relatives à la croissance moyenne du PIB en volume en 2012. Dans ce contexte, les tensions sur les prix, les coûts et les salaires dans la zone euro devraient également s’atténuer ; la décision d’aujourd’hui en tient compte. Au total, il demeure essentiel que la politique monétaire s’attache au maintien de la stabilité des prix à moyen terme, garantissant par là même un ancrage solide des anticipations d’inflation dans la zone euro à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. Cet ancrage est une condition indispensable pour que la politique monétaire contribue à la croissance économique et à la création d’emplois dans la zone euro.
En ce qui concerne les politiques budgétaires, tous les gouvernements de la zone euro doivent démontrer leur ferme détermination à honorer pleinement leur signature souveraine, élément essentiel pour assurer la stabilité financière dans l’ensemble de la zone. Le Conseil des gouverneurs prend acte des engagements budgétaires pris lors du sommet de la zone euro le 26 octobre 2011 et demande instamment aux gouvernements de tous les pays de mettre en œuvre intégralement et aussi rapidement que possible les mesures nécessaires pour parvenir à un assainissement budgétaire et à des régimes de retraite viables, et pour améliorer la gouvernance. Les pays soumis à un programme d’ajustement conjoint UE-FMI ainsi que ceux qui sont particulièrement vulnérables doivent se tenir prêts à prendre toutes les mesures supplémentaires qui pourraient s’avérer nécessaires.
Il est primordial que l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles soient menés de pair pour renforcer la confiance, les perspectives de croissance et la création d’emplois. Le Conseil des gouverneurs invite donc instamment les gouvernements de tous les pays de la zone euro à accélérer de toute urgence la mise en œuvre de réformes structurelles ambitieuses et de grande ampleur. Elles permettront à ces pays d’améliorer leur compétitivité, d’accroître la flexibilité de leur économie et de rehausser leur croissance potentielle de long terme. À cet égard, la réforme du marché du travail est essentielle et doit s’attacher à la mise en œuvre de mesures destinées à éliminer les rigidités et à accentuer la flexibilité des salaires, de sorte que les salaires et les conditions de travail puissent être adaptés aux besoins spécifiques des entreprises. D’une manière plus générale, en cette période difficile, la modération est primordiale en ce qui concerne aussi bien les marges bénéficiaires que les salaires. Ces mesures doivent s’accompagner de réformes structurelles stimulant la concurrence sur les marchés de produits, en particulier dans les services, notamment en libéralisant les professions protégées, et, le cas échéant, de la privatisation des services actuellement fournis par le secteur public. Dans le même temps, le Conseil des gouverneurs souligne qu’il est absolument impératif que les autorités nationales de la zone euro adoptent et mettent en œuvre rapidement les mesures annoncées et recommandées lors du sommet de la zone euro le 26 octobre 2011.
Nous sommes maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.
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