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Déclaration introductive le 7 octobre 2010
Mesdames et messieurs, le vice-président et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à cette conférence de presse. Nous allons à présent vous faire part des conclusions de la réunion qui s’est tenue aujourd’hui.
Au terme de son examen régulier de la situation économique et monétaire, le Conseil des gouverneurs considère que le niveau actuel des taux directeurs de la BCE reste approprié. Par conséquent, il a décidé de les laisser inchangés. Au vu de l’ensemble des informations et analyses devenues disponibles depuis notre réunion du 2 septembre 2010, nous continuons de nous attendre à une évolution des prix modérée à l’horizon de moyen terme pertinent pour la politique monétaire. Les données économiques récentes confirment notre anticipation d’une poursuite de la reprise à un rythme modéré au second semestre de l’année, la dynamique de fond demeurant positive. Cela étant, le contexte reste empreint d’incertitude. Notre analyse monétaire confirme que les tensions inflationnistes demeurent contenues à moyen terme, comme l’indique la faible croissance de la monnaie et du crédit. Nous estimons que la stabilité des prix sera maintenue à moyen terme, ce qui soutiendra le pouvoir d’achat des ménages de la zone euro. Les anticipations d’inflation restent solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. L’ancrage solide des anticipations d’inflation demeure primordial.
Globalement, l’orientation actuelle de la politique monétaire reste accommodante. Cette orientation, de même que la fourniture de liquidité et les modes d’adjudication, seront ajustés en fonction des circonstances, en tenant compte du fait que toutes les mesures non conventionnelles adoptées au cours de la période de vives tensions sur les marchés financiers sont entièrement conformes à notre mandat et, par construction, de nature temporaire. Le Conseil des gouverneurs continuera donc de suivre très attentivement l’ensemble des évolutions au cours des prochaines semaines.
Permettez-moi à présent d’expliquer notre évaluation plus en détail, en commençant par l’analyse économique. Le PIB en volume de la zone euro a fortement progressé en rythme trimestriel, de 1,0 % au deuxième trimestre 2010, soutenu principalement par la demande intérieure mais également, en partie, par des facteurs temporaires. Les dernières publications de données statistiques et les derniers résultats d’enquêtes confirment généralement notre anticipation d’une modération au second semestre de l’année, dans la zone euro et dans le reste du monde. Quoi qu’il en soit, la dynamique de fond positive de la reprise dans la zone euro se maintient. La reprise mondiale devrait se poursuivre, avec une incidence toujours positive sur la demande extérieure adressée à la zone euro. Dans le même temps, la demande intérieure privée devrait continuer de se renforcer progressivement, soutenue par l’orientation accommodante de la politique monétaire et les mesures adoptées pour rétablir le bon fonctionnement du système financier. Toutefois, le redressement de l’activité devrait être freiné par le processus d’ajustement des bilans dans différents secteurs.
D’après l’évaluation du Conseil des gouverneurs, les risques pesant sur ces perspectives économiques sont légèrement orientés à la baisse, dans un contexte toujours empreint d’incertitude. S’agissant des facteurs positifs, le commerce mondial pourrait continuer à progresser plus rapidement que prévu, soutenant par là même les exportations de la zone euro. En revanche, des inquiétudes subsistent quant à un regain de tensions sur les marchés financiers. En outre, d’autres risques à la baisse sont liés à de nouvelles hausses des cours du pétrole et des autres matières premières, à des pressions protectionnistes ainsi qu’à la possibilité d’une correction désordonnée des déséquilibres mondiaux.
S’agissant de l’évolution des prix, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est établie à 1,8 % en septembre, selon l’estimation rapide d’Eurostat, contre 1,6 % en août. Cette hausse de l’inflation était anticipée et reflète des effets de base liés principalement à la composante énergie. Au cours des prochains mois, les taux d’inflation oscilleront autour des niveaux actuels avant de fléchir à nouveau dans le courant de l’année prochaine. Ils devraient rester globalement modérés en 2011, à la faveur de faibles tensions d’origine interne sur les prix. Les anticipations d’inflation à moyen et long termes demeurent solidement ancrées à un niveau compatible avec l’objectif du Conseil des gouverneurs de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme.
Les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix sont légèrement orientés à la hausse. Ils sont notamment liés à l’évolution des prix de l’énergie et des cours des matières premières hors pétrole. En outre, les majorations de la fiscalité indirecte et des prix administrés pourraient être plus importantes que prévu actuellement, en raison de l’assainissement budgétaire auquel il faudra nécessairement procéder au cours des prochaines années. Dans le même temps, les risques entourant les évolutions des prix et coûts internes sont limités.
En ce qui concerne l’analyse monétaire, le rythme d’expansion annuel de M3 s’est établi à 1,1 % en août 2010, après 0,2 % en juillet. Le taux de croissance annuel des prêts au secteur privé a également augmenté, pour s’établir à 1,2 %, après 0,8 % le mois précédent. Dans les deux cas, la hausse reflète des flux mensuels relativement importants. Ces taux de progression encore faibles continuent de conforter le diagnostic d’un rythme d’expansion monétaire sous-jacent modéré et de tensions inflationnistes à moyen terme contenues.
La pente de la courbe des rendements reste assez accentuée, mais l’effet à la baisse de cette configuration sur la croissance monétaire s’atténue progressivement. De plus, alors même que les écarts entre les différents taux d’intérêt à court terme demeurent généralement faibles, ils se sont légèrement creusés entre les taux appliqués aux dépôts à court terme et ceux rémunérant les dépôts à vue. Par conséquent, le taux de croissance annuel de M1, partant de niveaux élevés, a encore diminué, pour s’établir à 7,7 % en août 2010, tandis que celui des autres dépôts à court terme est devenu moins négatif.
L’accentuation de la progression annuelle des prêts bancaires au secteur privé non financier reflète à la fois une nouvelle légère accélération de la croissance positive des prêts aux ménages et une croissance graduellement moins négative, en rythme annuel, des prêts aux sociétés non financières. Ces tendances sont conformes à une réaction décalée des prêts par rapport à l’activité économique au cours du cycle conjoncturel, qui a également été observée lors des cycles précédents.
Récemment, les banques ont progressivement accru la taille globale de leurs bilans, mais le défi reste pour elles de faciliter l’accès du secteur non financier au crédit lorsque la demande se raffermira. Pour relever ce défi, elles doivent, le cas échéant, mettre leurs bénéfices en réserve, se tourner vers le marché pour continuer de renforcer leur assise en fonds propres ou utiliser pleinement les mesures de soutien prises par les pouvoirs publics en faveur de leur recapitalisation.
En résumé, le niveau actuel des taux directeurs de la BCE demeure approprié. Par conséquent, nous avons décidé de les laisser inchangés. Au vu de l’ensemble des informations et analyses devenues disponibles depuis notre réunion du 2 septembre 2010, nous continuons de nous attendre à une évolution des prix modérée à l’horizon de moyen terme pertinent pour la politique monétaire. Les données économiques récentes confirment notre anticipation d’une poursuite de la reprise à un rythme modéré au second semestre de l’année, la dynamique de fond demeurant positive. Cela étant, le contexte reste empreint d’incertitude. Le recoupement des conclusions de notre analyse économique avec celles de l’analyse monétaire confirme que les tensions inflationnistes demeurent contenues à moyen terme, comme l’indique la faible croissance de la monnaie et du crédit. Nous estimons que la stabilité des prix sera maintenue à moyen terme, ce qui soutiendra le pouvoir d’achat des ménages de la zone euro. Les anticipations d’inflation restent solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. L’ancrage solide des anticipations d’inflation demeure primordial.
En ce qui concerne les politiques budgétaires, nous prenons acte des annonces récentes, dans certains pays de la zone euro, relatives aux mesures destinées à remédier aux déséquilibres budgétaires existants. En effet, un certain nombre de pays doivent relever des défis majeurs et une action corrective immédiate, ambitieuse et convaincante s’impose. Des programmes d’assainissement pluriannuels crédibles sont nécessaires : ils renforceront la confiance du public dans la capacité des gouvernements à restaurer la soutenabilité budgétaire, contribueront à la réduction des primes de risque intégrées dans les taux d’intérêt et soutiendront ainsi durablement la croissance à moyen terme. Dans tous les pays de la zone euro, les budgets 2011 doivent refléter l’attachement à un assainissement budgétaire ambitieux, conforme aux engagements pris dans le cadre des procédures de déficit excessif. Toute évolution budgétaire positive qui se ferait jour sous l’effet de facteurs tels qu’un environnement plus favorable qu’attendu doit être mise à profit pour accélérer l’assainissement budgétaire.
La mise en œuvre sans délai de réformes structurelles de grande ampleur est essentielle pour améliorer les perspectives d’une croissance plus forte et durable. Des réformes importantes s’imposent tout particulièrement dans les pays qui ont subi une perte de compétitivité ou qui sont actuellement en proie à des déficits budgétaires et extérieurs élevés. La suppression des rigidités du marché du travail et le renforcement de la croissance de la productivité favoriseraient le processus d’ajustement de ces économies. Une concurrence accrue sur les marchés de produits, notamment dans les services, faciliterait également la restructuration industrielle et encouragerait l’innovation et l’adoption des nouvelles technologies.
Nous sommes maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.
Banque de France
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