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Déclaration introductive le 4 novembre 2010
Mesdames et messieurs, le vice-président et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à cette conférence de presse. Nous allons à présent vous faire part des conclusions de la réunion qui s’est tenue aujourd’hui.
Au terme de son examen régulier de la situation économique et monétaire, le Conseil des gouverneurs continue de considérer que le niveau actuel des taux directeurs de la BCE est approprié. Par conséquent, il a décidé de les laisser inchangés. Au vu de l’ensemble des informations et des analyses devenues disponibles depuis notre réunion du 7 octobre 2010, nous continuons de nous attendre à une évolution des prix modérée à l’horizon de moyen terme pertinent pour la politique monétaire. Les données économiques récentes corroborent notre diagnostic selon lequel la dynamique de fond de la reprise demeure positive. Cela étant, le contexte est empreint d’incertitude. Notre analyse monétaire confirme que les tensions inflationnistes restent contenues à moyen terme. Nous estimons que la stabilité des prix sera maintenue à moyen terme, ce qui soutiendra le pouvoir d’achat des ménages de la zone euro. Les anticipations d’inflation restent solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. L’ancrage solide des anticipations d’inflation demeure primordial.
Globalement, l’orientation actuelle de la politique monétaire reste accommodante. Cette orientation, de même que la fourniture de liquidité et les modes d’adjudication, seront ajustés en fonction de la situation, en tenant compte du fait que toutes les mesures non conventionnelles adoptées au cours de la période de vives tensions sur les marchés financiers sont entièrement conformes à notre mandat et, par construction, de nature temporaire. Le Conseil des gouverneurs continuera donc de suivre très attentivement l’ensemble des évolutions au cours des prochaines semaines.
Permettez-moi à présent d’expliquer notre évaluation plus en détail, en commençant par l’analyse économique. Les données et les résultats d’enquête publiés récemment confirment généralement notre opinion selon laquelle la dynamique de fond positive de la reprise dans la zone euro se maintient. Conformément aux anticipations antérieures, le PIB en volume devrait continuer de progresser au second semestre de l’année. La reprise mondiale devrait se poursuivre, avec une incidence toujours favorable sur la demande extérieure adressée à la zone euro. Dans le même temps, la demande intérieure privée devrait contribuer à la croissance, soutenue par l’orientation accommodante de la politique monétaire et les mesures adoptées pour rétablir le bon fonctionnement du système financier. Toutefois, le redressement de l’activité devrait être freiné par le processus d’ajustement des bilans dans différents secteurs.
D’après l’évaluation du Conseil des gouverneurs, les risques pesant sur ces perspectives économiques sont encore légèrement orientés à la baisse, dans un contexte empreint d’incertitude. Certes, le commerce mondial pourrait continuer à progresser plus rapidement que prévu, soutenant par là-même les exportations de la zone euro. Cela étant, des inquiétudes subsistent quant à un regain de tensions sur les marchés financiers. En outre, d’autres risques à la baisse sont liés à de nouvelles hausses des cours du pétrole et des autres matières premières, à des pressions protectionnistes ainsi qu’à la possibilité d’une correction désordonnée des déséquilibres mondiaux.
S’agissant de l’évolution des prix, comme prévu, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est établie à 1,9 % en octobre, selon l’estimation rapide d’Eurostat, contre 1,8 % en septembre. Au cours des prochains mois, les taux d’inflation oscilleront autour des niveaux actuels avant de fléchir à nouveau dans le courant de l’année prochaine. Ils devraient rester globalement modérés en 2011. Les anticipations d’inflation à moyen et long termes demeurent solidement ancrées à un niveau compatible avec l’objectif du Conseil des gouverneurs de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme.
Les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix sont légèrement orientés à la hausse. Ils ont notamment trait à l’évolution des prix de l’énergie et des cours des matières premières hors pétrole. En outre, les majorations de la fiscalité indirecte et les relèvements des prix administrés pourraient être plus importants que prévu actuellement, en raison de l’assainissement budgétaire auquel il faudra nécessairement procéder au cours des prochaines années. Dans le même temps, les prévisions font toujours état de risques limités entourant les évolutions des prix et des coûts internes.
S’agissant de l’analyse monétaire, le rythme d’expansion annuel de M3 est resté globalement inchangé, à 1,0 % en septembre 2010, après 1,1 % en août. Le taux de croissance annuel des prêts au secteur privé, à 1,2 %, n’a pas varié par rapport à août. Abstraction faite des évolutions propres à un mois donné, la croissance de l’agrégat monétaire large et celle du crédit demeurent faibles et continuent de conforter le diagnostic d’un rythme d’expansion monétaire sous-jacent modéré et de tensions inflationnistes à moyen terme contenues.
Le taux de croissance annuel de M1 a encore diminué, pour s’établir à 5,9 % en septembre 2010, tandis que celui des autres dépôts à court terme est devenu moins négatif. Cette évolution reflète le creusement de l’écart entre les taux d’intérêt appliqués aux dépôts à court terme et ceux rémunérant les dépôts à vue.
La progression annuelle des prêts bancaires au secteur privé est de plus en plus soutenue par le flux des prêts aux sociétés non financières. La croissance annuelle de ces prêts est toujours légèrement négative, mais les évolutions des derniers mois tendent à indiquer qu’un point de retournement a été atteint courant 2010. Ces tendances sont conformes à une réaction décalée des prêts par rapport à l’activité économique au cours du cycle conjoncturel, qui a également été observée lors des cycles précédents. Le taux de croissance annuel des prêts aux ménages est ressorti à 2,8 % en septembre, demeurant ainsi aux mêmes niveaux que les mois précédents.
Les banques ont continué d’accroître progressivement la part des crédits au secteur privé dans le total de leur bilan, mais le défi reste pour elles de faciliter l’accès au crédit lorsque la demande se raffermira. Pour relever ce défi, elles doivent, le cas échéant, mettre leurs bénéfices en réserve, se tourner vers le marché pour continuer de renforcer leur assise en fonds propres ou utiliser pleinement les mesures de soutien prises par les pouvoirs publics en faveur de leur recapitalisation.
En résumé, le niveau actuel des taux directeurs de la BCE demeure approprié. Par conséquent, nous avons décidé de les laisser inchangés. Au vu de l’ensemble des informations et des analyses devenues disponibles depuis notre réunion du 7 octobre 2010, nous continuons de nous attendre à une évolution des prix modérée à l’horizon de moyen terme pertinent pour la politique monétaire. Les données économiques récentes corroborent notre diagnostic selon lequel la dynamique de fond de la reprise demeure positive. Cela étant, le contexte est empreint d’incertitude. Le recoupement des conclusions de notre analyse économique avec celles de l’analyse monétaire confirme que les tensions inflationnistes demeurent contenues à moyen terme. Nous estimons que la stabilité des prix sera maintenue à moyen terme, ce qui soutiendra le pouvoir d’achat des ménages de la zone euro. Les anticipations d’inflation restent solidement ancrées à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des taux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. L’ancrage solide des anticipations d’inflation demeure primordial.
En ce qui concerne les politiques budgétaires, il est très clairement nécessaire de renforcer la confiance du public dans la capacité des gouvernements à restaurer la soutenabilité budgétaire, à réduire les primes de risque intégrées dans les taux d’intérêt et à soutenir ainsi durablement la croissance à moyen terme. Pour cela, il est essentiel que les pays mènent des programmes d’assainissement pluriannuels crédibles et mettent pleinement en œuvre les mesures d’assainissement prévues. Dans leurs budgets 2011, ils doivent définir des mesures d’ajustement budgétaire crédibles, axées sur le volet dépenses. Toute évolution budgétaire positive qui se ferait jour sous l’effet de facteurs tels qu’un environnement plus favorable qu’attendu doit être mise à profit pour accélérer l’assainissement budgétaire.
La mise en œuvre sans délai de réformes structurelles de grande ampleur est essentielle pour améliorer les perspectives d’une croissance plus forte et durable. Des réformes importantes s’imposent tout particulièrement dans les pays qui ont subi une perte de compétitivité ou qui sont actuellement en proie à des déficits budgétaires et extérieurs élevés. La suppression des rigidités du marché du travail et le renforcement de la croissance de la productivité favoriseraient le processus d’ajustement de ces économies. Une concurrence accrue sur les marchés de produits, notamment dans les services, faciliterait également la restructuration de l’économie et encouragerait l’innovation et l’adoption des nouvelles technologies.
Lors de leur réunion des 28 et 29 octobre 2010, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se sont accordés sur la réforme de la gouvernance économique de l’Union européenne. Les propositions présentées par le Président Van Rompuy constituent un renforcement du cadre existant pour la surveillance budgétaire et macroéconomique dans l’Union européenne. Le Conseil des gouverneurs estime toutefois qu’elles sont moins ambitieuses que le véritable saut quantitatif qu’il avait appelé de ses vœux en matière de gouvernance économique de l’Union monétaire.
En particulier, le Conseil des gouverneurs s’inquiète d’une automaticité insuffisante dans la mise en œuvre de la surveillance budgétaire, de l’absence de spécification de la règle pour réduire le ratio de la dette publique et du fait que des sanctions financières n’ont pas été explicitement retenues dans le cadre de la procédure de surveillance macroéconomique.
S’agissant plus particulièrement de la procédure de surveillance macroéconomique, le nouveau système de surveillance mutuelle devrait se concentrer fermement sur les pays de la zone euro connaissant des pertes de compétitivité durables et des déficits élevés du compte de transactions courantes. Les mécanismes de déclenchement devraient être transparents et efficaces. Il serait primordial que les évaluations des déséquilibres macroéconomiques et les recommandations pour mettre en œuvre une action correctrice fassent l’objet d’une large publicité à tous les stades du processus de surveillance.
Le public et les marchés peuvent avoir l’assurance que le Conseil des gouverneurs reste fermement attaché à l’accomplissement de sa mission, qui est de maintenir la stabilité des prix à moyen terme.
Nous sommes maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions.
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