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Déclaration introductive - 9 février 2012
Mesdames et messieurs, le vice-président et moi-même sommes très heureux de vous accueillir à cette conférence de presse. Nous allons à présent vous faire part des conclusions de la réunion du Conseil des gouverneurs qui s’est tenue aujourd’hui et à laquelle a également assisté M. Rehn, vice-président de la Commission européenne.
Au terme de notre examen régulier de la situation économique et monétaire, nous avons décidé de laisser les taux directeurs de la BCE inchangés. Les informations devenues disponibles depuis mi-janvier confirment globalement notre évaluation antérieure. L’inflation devrait rester supérieure à 2 % au cours des prochains mois, avant de revenir en deçà de ce niveau. Les données d’enquête disponibles confirment les premiers signes d’une stabilisation de l’activité économique à un niveau bas en fin d’année, mais les perspectives économiques demeurent soumises à une incertitude élevée et à des risques à la baisse importants. Le rythme sous-jacent d’expansion de la monnaie reste modéré. Pour l’avenir, il est essentiel que la politique monétaire garantisse la stabilité des prix pour la zone euro dans son ensemble et assure ainsi un ancrage solide des anticipations d’inflation à un niveau compatible avec notre objectif de maintenir l’inflation à des niveaux inférieurs à, mais proches de 2 % à moyen terme. Cet ancrage est une condition indispensable pour que la politique monétaire contribue à la croissance économique et à la création d’emplois dans la zone euro. Une analyse très approfondie de l’ensemble des données et des évolutions au cours des mois à venir s’impose.
Par nos mesures non conventionnelles de politique monétaire, nous continuons de soutenir le fonctionnement du secteur financier de la zone euro, et donc le financement de l’économie réelle. Depuis que la première opération de refinancement à plus long terme d’une durée de trois ans a été effectuée en décembre 2011, nous avons approuvé des critères d’éligibilité nationaux spécifiques et des mesures de contrôle des risques pour l’acceptation temporaire, dans un certain nombre de pays, de créances privées supplémentaires en garantie des opérations de crédit de l’Eurosystème, ce qui devrait accroître la disponibilité des garanties (Pour des informations plus détaillées, cf. le communiqué de presse publié ce jour à 15 h 30). À compter de la période actuelle de constitution de réserves, qui a débuté le 18 janvier 2012, le taux des réserves obligatoires a été réduit, ce qui a libéré des garanties supplémentaires. Comme souligné à plusieurs reprises, toutes les mesures non conventionnelles sont de nature temporaire.
Permettez-moi à présent d’expliquer notre évaluation plus en détail, en commençant par l’analyse économique. La croissance du PIB en volume au quatrième trimestre 2011 a probablement été très faible. Les données d’enquête pour les deux derniers mois laissent entrevoir une stabilisation de l’activité économique à un bas niveau. Nous tablons sur un redressement très progressif de l’économie de la zone euro courant 2012. Le niveau très bas des taux d’intérêt à court terme et l’ensemble des mesures prises pour favoriser le bon fonctionnement du secteur financier soutiennent l’économie de la zone. De plus, les tensions sur les marchés financiers se sont atténuées en réponse à nos mesures de politique monétaire, mais également aux progrès réalisés dans la mise en place d’un cadre de gouvernance renforcé de la zone euro et à l’intensification de l’assainissement budgétaire dans plusieurs pays de la zone. Toutefois, la croissance atone de la demande mondiale, les tensions persistantes sur les marchés de la dette souveraine de la zone euro et leur incidence sur les conditions du crédit, ainsi que le processus d’ajustement des bilans dans les secteurs financier et non financier continuent de freiner la dynamique de fond de la croissance.
Des risques à la baisse pèsent sur ces perspectives. Ils sont liés, notamment, aux tensions sur les marchés de la dette de la zone euro et à leurs répercussions potentielles sur l’activité économique réelle de la zone. Ils ont également trait à la possibilité d’évolutions défavorables de l’économie mondiale, à un renchérissement plus important que prévu des matières premières, à des pressions protectionnistes ainsi qu’à l’éventualité d’une correction désordonnée des déséquilibres mondiaux.
Selon l’estimation rapide d’Eurostat, la hausse annuelle de l’IPCH dans la zone euro s’est établie à 2,7 % en janvier 2012, sans changement par rapport à décembre. Le taux d’inflation moyen pour 2011 est ressorti à 2,7 %, principalement en raison du renchérissement de l’énergie et des autres matières premières. L’inflation devrait rester supérieure à 2 % au cours des prochains mois, avant de revenir en deçà de ce niveau. Ce scénario reflète les anticipations selon lesquelles, dans un contexte de croissance faible dans la zone euro et à l’échelle mondiale, les tensions sous jacentes sur les prix dans la zone euro devraient rester limitées.
Les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix à moyen terme demeurent globalement équilibrés. Parmi les facteurs haussiers, ces risques ont trait à des augmentations plus importantes que prévu de la fiscalité indirecte et des prix administrés ainsi qu’à des hausses des cours des matières premières. Les principaux risques à la baisse sont liés à l’incidence d’une croissance plus faible qu’escompté dans la zone euro et dans le monde.
L’analyse monétaire montre que le rythme d’expansion monétaire sous-jacent demeure modéré. Le taux de croissance annuel de M3 est revenu à 1,6 % en décembre 2011, après 2,0 % en novembre, reflétant un nouvel affaiblissement de la dynamique monétaire vers la fin de l’année.
Les taux de croissance annuels des prêts accordés aux sociétés non financières et aux ménages, corrigés des cessions de prêts et de la titrisation, ont également continué de fléchir en décembre, ressortant à 1,2 % et 1,9 % respectivement. Le volume des prêts consentis par les IFM à ces deux secteurs a diminué en décembre, le recul étant particulièrement prononcé dans le cas des sociétés non financières. De plus, des éléments indiquent que les conditions d’octroi des prêts bancaires se sont encore durcies, affectant l'offre de crédit dans plusieurs pays de la zone euro fin 2011. Il n’est pas encore possible de tirer de conclusions définitives de ces évolutions, dans la mesure, notamment, où l’incidence de la première opération de refinancement à plus long terme d’une durée de trois ans sur le financement bancaire continue de se faire sentir et ne s’est sans doute pas reflétée en totalité dans la dernière enquête sur la distribution du crédit bancaire. De plus, d’autres mesures non conventionnelles de politique monétaire annoncées en décembre n’ont pas encore été mises en œuvre. En conséquence, un suivi attentif des évolutions du crédit s’impose au cours de la période à venir.
La solidité des bilans des banques sera un facteur essentiel pour faciliter un apport approprié de financements à l’économie sur la durée. Il est primordial que la mise en œuvre des plans de recapitalisation des banques ne nuise pas au financement de l’activité économique dans la zone euro.
En résumé, l’analyse économique indique que les tensions sous-jacentes sur les prix devraient rester limitées et que les risques pesant sur les perspectives d’évolution des prix à moyen terme demeurent globalement équilibrés. Un recoupement avec les signaux provenant de l’analyse monétaire confirme ce scénario.
Des réformes structurelles conjuguées à la discipline budgétaire sont essentielles pour renforcer la confiance et fournir un environnement favorable à une croissance soutenable. S’agissant des politiques budgétaires, tous les gouvernements de la zone euro doivent continuer à faire le maximum pour garantir la soutenabilité budgétaire. Il est essentiel que l’ensemble des pays respectent les objectifs budgétaires qu’ils ont annoncés pour 2012. Cela devrait permettre d’ancrer des anticipations de politiques budgétaires solides et de renforcer la confiance. Les règles guidant la conception et la mise en œuvre des politiques budgétaires nationales sont actuellement en train d’être renforcées au niveau de l’UE ainsi que dans les cadres juridiques de plusieurs États membres. Il s’agit d’étapes importantes qui vont dans le bon sens. S’agissant des réformes structurelles, elles sont fondamentales pour accroître la capacité d’ajustement et la compétitivité des pays de la zone euro, renforçant ainsi les perspectives de croissance et la création d’emplois. En particulier, des réformes ambitieuses et de grande ampleur doivent être mises en œuvre afin de favoriser la concurrence sur les marchés de produits, notamment dans les secteurs des services, tandis que les rigidités des marchés du travail doivent être réduites et que la flexibilité des salaires doit être accentuée.
Nous nous tenons maintenant à votre disposition pour toutes vos questions.
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