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Déclaration de la Commission européenne, de la BCE et du FMI relative à la première mission d’examen au Portugal

Des équipes formées d’experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) se sont rendues à Lisbonne du 1er au 12 août pour procéder au premier examen trimestriel du programme économique du gouvernement portugais. Les objectifs de ce programme consistent à restaurer la compétitivité et à placer l’économie portugaise sur une trajectoire de croissance durable, de finances publiques saines et de création d’emplois. 

Nous estimons que ce programme est sur la bonne voie. Nous nous félicitons de l’engagement du nouveau gouvernement à l’égard du programme ambitieux et exhaustif adopté en mai 2011 et nous prenons note de sa détermination à accélérer sa mise en œuvre dans les domaines clés. À cet égard, les perspectives de succès ont été améliorées par les décisions des dirigeants européens prises lors du sommet du 21 juillet de réduire les taux d’intérêt des prêts pour se rapprocher du taux de financement du Fonds européen de stabilité financière, d’allonger considérablement la durée des prêts et, point le plus important, de se tenir prêts à accorder des financements jusqu’à la normalisation de l’accès au marché, à condition que le Portugal persévère dans son effort d’ajustement. La réussite du programme repose désormais plus que jamais sur les efforts et la résolution du gouvernement et du peuple portugais. 

La croissance économique et l’inflation pour l’ensemble de l’année devraient rester conformes au cadre du programme. Les exportations ont été relativement soutenues ; les indicateurs de confiance des consommateurs sont constants ; et l’emploi est demeuré globalement stable. Même si le PIB devrait se contracter de 2,2 % cette année, nos prévisions tablent toujours sur un commencement de reprise au début 2013. 

Nous apprécions la ferme détermination des autorités à l’égard du processus de consolidation budgétaire du programme, y compris les mesures visant à corriger le récent dérapage en matière de contrôle des dépenses publiques au cours du premier semestre. En raison de ces mesures d’accroissement des recettes, nous tablons sur un déficit budgétaire limité à 5,9 % du PIB en 2011, conformément au programme. Nous continuerons également à travailler en étroite collaboration avec les autorités pour renforcer la gestion des finances publiques et garantir que les performances budgétaires restent sur la bonne voie en 2011 et au-delà. Pour l’avenir proche, l’adoption d’un budget 2012 compatible avec la réduction du déficit à 4,5 % du PIB et l’élaboration d’une stratégie budgétaire sur quatre ans constitueront les principaux défis à relever. 

S’agissant du secteur financier, les banques renforcent leurs niveaux de fonds propres afin de satisfaire aux nouvelles exigences établies en la matière dans le cadre du programme, et la législation existante est en cours de modification, afin de consolider le dispositif accru de soutien à la solvabilité des banques. Un désendettement équilibré et régulier du secteur bancaire demeure crucial pour éliminer les déséquilibres de financement de façon permanente, tout en préservant un niveau de crédit suffisant permettant aux secteurs dynamiques de stimuler la croissance. Des progrès ont également été réalisés s’agissant du renforcement du cadre réglementaire et prudentiel. 

La réussite du programme dépend avant tout de l’ouverture de l’économie à la concurrence. Á cet égard, réduire la participation de l’État à l’activité du secteur privé et instaurer des règles du jeu équitables pour les entreprises est crucial, et le gouvernement a engagé le mouvement, la suppression des droits spéciaux détenus par l’État portugais dans des entreprises privées étant en avance sur le calendrier. Les réformes du marché du travail visant à aligner la protection et les droits dans le cadre de contrats à durée déterminée et indéterminée progressent, et les autorités travaillent à une proposition visant à créer un fond financé par les employeurs pour payer les indemnités de licenciement des salariés. Des progrès ont été réalisés dans la préparation à une dévaluation dite fiscale, et nous prenons note de l’assurance des autorités qu’elles prévoient toujours de franchir une première étape majeure à cet égard dans le cadre du budget 2012. Cette réforme doit être axée sur l’amélioration de la compétitivité, et se doit de rester simple et générale. Bien que les réformes montrent globalement des débuts prometteurs, l’essentiel des changements difficiles reste à venir et la détermination des autorités à cet égard sera sans aucun doute farouchement mise à l’épreuve par l’opposition des intérêts acquis. 

Le programme mis en œuvre par le gouvernement s’appuie sur des prêts de l’Union européenne, à hauteur de 52 milliards d’euros, et sur un mécanisme élargi de crédit du FMI, d’un montant de 26 milliards d’euros. L’approbation des conclusions de cet examen permettra le déblocage de 11,5 milliards d’euros (7,6 milliards par l’EU et 3,9 milliard par le FMI). Le versement de cette tranche pourra avoir lieu en septembre, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI, du Conseil Ecofin et de l’Eurogroupe. 

La mission conjointe en vue du prochain rapport sur l’avancement du programme est prévue en novembre 2011. 







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